Je profite de trainer ce matin en pyjama (un luxe rare) pour vous poster un petit message écrit il y a quelques temps et qui végétait dans les archives…
Le 10 mai 2009.
Nous avons bien de la chance d’avoir pu être là au moment où Moko y était. Moko est un dauphin bien connu des gens du coin de Gisborne sur la côte Est. Il devient même une petite célébrité locale! Il vient souvent seul jouer avec les gens de la plage depuis à peu près un an. Du coup, on s’est dit que l’on aurait peut-être la chance de le rencontrer et effectivement…belle surprise, il était au rendez-vous. On a hésité à se mettre à l’eau en raison de la froideur de l’eau, mais comme une telle occasion ne se représentera pas deux fois, plouf, nous voilà à patauger en respirant bien fort pour éviter l’arrêt cardiaque ;-).

Il y avait déjà un petit groupe de personnes qui jouait avec lui avec des planches de surf, et puis on s’est joint au groupe, et eux sont partis, et voilà, on s’est retrouvés seuls avec lui. Instants magiques et privilégiés ! L’eau n’était pas très claire mais on pouvait le sentir tourner autour de nous et voir son aileron approcher. Il donnait des coup de museau, se frottait contre nous, accélérait avec des coups de “speed”, passait entre nos jambes, nous poussait, allait chercher des algues pour qu’on les tires. Bref, on sentait bien qu’on ne lui imposait pas notre présence comme je le craignais au début, bien au contraire. Je comprend qu’on puisse être séduit par une telle créature. Aucune méchanceté, simplement un instant de jeu entre deux espèces qui y prennent autant de plaisir l’une que l’autre.

Les gens du coin crurent au début que c’était une femelle, la disaient âgée et rejetée par son groupe. Puis les scientifiques se sont aperçus que c’était en fait un jeune ado qui ne tarderait sûrement pas à retrouver les siens d’ici un an ou deux. Les pécheurs locaux ne l’apprécient guerre car il déplace toutes les balises des casiers de la baie pour s’amuser. Les gens locaux par contre l’adorent, et ils se pressent par centaines sur la plage le jour de noël pour pouvoir l’approcher.

Ce que j’ai le plus aimé finalement durant cette petite demi-heure (écourtée sous peine de ne plus sentir nos jambes), c’est qu’il est venu de lui même. Nous avons pu vivre ces moments sans avoir eu recours à l’artificiel, c’est à dire à ces grosses compagnies touristiques qui proposent les mêmes choses mais à des prix effarants et, surtout, en imposant aux dauphins la présence des touristes…
